Mercredi 22 août 2007
C'était un samedi , il y a deux ou trois semaines. Un samedi où un collègue travaillait. Pas de bol pour lui, me diras-tu. Enfin, pas que pour lui. Comme il y a quelques mois, alors qu'un autre collègue travaillait un samedi, je me suis retrouvé embarqué sans trop comprendre comment...
Je dois adorer en fait bosser. Ou alors, je suis trop gentil. Ou alors, il faut que je quitte Paris les week-end pour être sûr de ne pas être sollicité:
"Allo? Ah non, je t'aurai aidé avec plaisir, mais là, ça va po être possible, je suis à Majorque vieux!". Le tout quand tu sors cette phrase, c'est de ne pas être grillé par le bruit d'un métro qui arriverait par exemple.
Bref, je me suis retrouvé à travailler en jean-basket (parce que dans la vraie vie profesionnelle, en semaine, je m'habille à peu près correctement) toute la fin d'après-midi ou presque.
Pour fêter ça dignement, il fallait au moins un peu d'alcool, voir pas mal d'alcool. Il y avait un Angleterre-France retransmis dans tous les bons bars anglais de la capitale, le prétexte était tout trouvé (même un match de curling Angola-Zimbabwe aurait fait l'affaire à vrai dire). L'alcool appelant l'alcool, le programme de la soirée peut être résumé à peu près à ça:
- 18h - 20h: Bières (pretexte: rugby)
- 20h - 22h: Apéro dans l'appart' du collègue avec sa coloc (pretexte: il devait déposer son sac)
- 22h - 24h: Rhum dans une rhumerie (pretexte: plus d'alcool dans l'appart)
- >24h : Apéro dans mon appart (pretexte : la rhumerie ferme)
Bref, minuit passé, avec un verre ou deux dans l'organisme (doux euphémisme), passage chez l'épicier du coin pour acheter de quoi survivre. En gros, deux bouteilles de whisky et un peu de coca, de quoi tenir décemment (on était plus que deux, la coloc étant morte en chemin, RIP). Plateau d'échecs sorti (ne jamais oublier le pretexte, l'alcool améliore la concentration quand on joue aux échecs, c'est bien connu - "merdeuh, ma reine...merdeuh, mon roi... ah je suis mat là! Si, si!").
Vers 2h ou 3h du mat', braillement dehors. Les premiers saoulards sont de sortie. Sauf qu'on était plus très nets non plus. Donc, hop, direction fenêtre pour voir qui sont les joyeux lurons et concours de braillement. Le malheur, c'est qu'ils parlaient espagnol. Et que mon collègue est d'origine espagnol. Et que je vais à Barcelone en vacances la semaine prochaine.
- "Hey TigreRouge (Remplace mon pseudo par mon prénom si tu le connais... On m'appelle pas comme ça dans la vraie vie, ça serait assez triste...), on leur offre un verre?"
- "Bah wé, carrément"
Deux minutes plus tard, je salue les 6 personnes qui viennent d'infester mon appart', comme si je les connaissais depuis toujours. 3 mecs et 3 filles. 2 français, un tunisien, et 3 italiens. Et qui parlent espagnol...
Tournée générale, puis re-tournée, et re-tournée. Ca parle dans tous les sens, espagnol, anglais, français. Je n'ai même pas le temps de remarquer le caractère incongru de la situation, puisque sur le coup, je trouvais ça tout à fait normal (avec le recul, je trouve ça super sympa, mais pas très courant quand même). Un des italiens, en arrivant, s'est jeté sur ma guitare et a joué toute la nuit. Fort. Et puis, nous, on chantait. Fort. Tellement fort que mes visiteurs d'un soir me l'ont fait remarqué.
"Non, non,aucun problème, mes voisins sont super pas chiants à ce niveau". Indeed, aucune plainte, ni pendant, ni après.
Les bouteilles d'alcool se sont vidés, rapidement, très rapidement, mon pauvre paquet de clope également. Vu comment mes visiteurs étaient à leur aise, vu comment l'hôte l'était également, on aurait vraiment cru qu'on se connaissait depuis longtemps. Que nenni.
Bref, vers 6h du mat, une italienne a craqué et je la remercie encore d'avoir eu la décence de vomir dans mes toilettes (bon, elle fut aidée par une amie pour trouver le chemin quand même). Puis, tout ce petit beau monde s'en est allé.
Bilan de la soirée, au réveil, vers 15h:
- Plus d'alcool
- Plus de clopes
- Un appart' dévasté comme il ne l'avait jamais été
- les coordonnées d'une italienne
- le constat assez amusé de voir que mon chéquier avait trainé au milieu de ces parfaits inconnus toute la soirée. Et qu'il était encore là, intact, le lendemain
- le sentiment d'avoir passé une soirée comme il en arrive assez rarement sur Paname
- et enfin, le mal de crâne qui perdure. Un grand classique celui là
On s'amuse comme on peut. Et maintenant tu sais, si tu n'as rien à faire un soir, et que je suis là, suffit de brailler suffisamment fort pour que je t'entende. On fera les présentations ensuite.
par TigreRouge
publié dans :
Tout Vécu
ajouter un commentaire commentaires (4) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (4) créer un trackback recommander










Commentaires